
Day Three Hundred and Eighty Six - 22nd February 2011.
Du train en veux-tu, en voilà. Que ça, que ça, que ça. Position allongée, assise, allongée, assise, allongée. Quelques arrêts, rapides, succincts, frigorifiants aussi, pour se dégourdir les jambes et respirer autre chose que l'air conditionné du train et les chaussettes des voisins. Par la fenêtre, on se bouffe de la Sibérie enneigée, désertée, ensoleillée : Taïchet, Krasnoïarsk, Marlinsk, puis Tomsk. C'est beau, vraiment. L'épais manteau neigeux, les quelques maisons aux tons bleu et vert pastel et la lumière douce baignant le tableau du matin au soir y sont sans doute pour beaucoup. N'empêche, on kiffe. Des heures à faire du lèche-vitrine environnemental. Sans dépenses superflues, sans envies coûteuses et inassouvies faute de moyens. Nos deux compagnons de chambrée sont (selon notre analyse) des militaires : on mange sur du papier journal bien plié, on s'envoie du cognac en guise de repas. Le Russe est un animal intéressant à observer. On fait pas mal la causette aussi avec Battse Tseg, une quinqua mongole supra gentille qui se prend d'affection pour nous, qui décide qu'on reviendra en Mongolie cet été et... qui, l'occasion faisant le larron, nous "mime" commande de deux parfums Christian Dior ! Tant qu'à faire. Elle en a ras-le-pompon de la flotte en flacons qu'on trouve à Ulaan-Baatar. Bon, bah, écoute, OK. On s'était dit qu'on allait revenir. Cet été, ça paraît un peu tôt. Mais, en même temps, pourquoi pas, j'en envie de dire... Sinon, un petit mot sur le train quand même. Plutôt confortable. Pas plus rapide que les précédents, soit 60km/h à pleine vitesse ! On a les deux couchettes du bas, celles avec la table au milieu, celles qu'il faut donc partager quand nos amis du dessus ont la dalle. Maria-Trona, notre chef de bord, n'est pas rigolote pour un sou (c'est bien simple, le sourire, elle connaît pas). La caricature de la Colosse aux pieds... de béton armé. On fait pas les finauds, on évite de la chercher. Les toilettes... Doit-on aborder le sujet des toilettes ? Bah, y'en a deux par wagon. Elles sont lavées tous les jours : ouf ! Après, ce sont des toilettes de train, quoi. Comme ce qu'on connaît. Dégueu, petites. Sauf que, quand tu passes une semaine dans un train, tu rêves de pouvoir te laver et te changer sans choper la gale... Bah, là, t'arrêtes tout simplement de rêver. Juste, tu fantasmes sur la salle de bains de ton hôtel à Moscou. On lit, on écoute de la zik, on mange, on cause (en français... et ça, ça fait chier, mais faut bien s'y remettre). La vie dans un train quoi ! Fin de journée à mater Gran Torino que j'avais jamais vu. Et qui passe bien. Il est fort ce Clint quand même.



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