
Day Two Hundred and Sixteen - 5th September, 2010.
Le sentiment d'être au bout du monde. Une fois de plus. En même temps, c'est presque ça. On quitte Fortrose le matin, traverse de plates contrées baignées dans une lumière quelque peu apocalyptique, croise de nombreux camps tziganes, débarque à Invercargill pour faire le plein et file vers Bluff (j'ai essayé d'expliquer la blague "Tu bluffes, Marconi" à Johannes, mais causer de l'humour singulier des Nuls avec mon pauvre anglais, c'est mission impossible). Bluff, un air de ville fantôme, le point de départ et d'arrivée des ferries faisant route vers Stewart Island. Un petit côté aussi St-Pierre-et-Miquelon que j'apprécie bien. On décide de s'arrêter au camping du coin, l'Argyle Park. Y'a personne, logique. Ici, c'est "on vous fait confiance, déposez les sousous dans la boîte à lettres". OK ! Grand cuisine toute équipée, showers brûlantes à volonté et personne alentour. Cool. On s'offre une balade sur les côtes de Bluff. Opération mater Stewart Island en se disant qu'on n'ira pas, qu'on aimerait bien, mais que de toute manière on reviendra en Nouvelle-Zélande... Ce sera pour la prochaine fois. Ouala. Fin d'après-midi sur le même rythme. Gros goûter-café, musique, cuisine à fond les ballons et... Johannes reçoit un coup de fil d'Allemagne : tout le monde s'inquiète pour lui là-bas. Bah oui, le fameux tremblement de terre de Christchurch. On n'est bien sûr pas au courant. Je file acheter le journal et, là, ouais, on commence à prendre l'ampleur du truc. Dingue. On a rien ressenti. Peut-être un vent plus violent que d'habitude, mais bon... Dingue bis. Comme quoi c'était le bon moment de prendre la route du sud.


