
Day Three Hundred And Forty Five - 12th January 2010.
Ça, c'est le genre de journée dont on se souvient. Ça commence par un désherbage intensif du jardin de Karin. Ça continue par une sympathique rencontre avec Elisabeth, fraîchement arrivée de Paris, et pas mal intéressée par mon van. Ça se poursuit par un long détour à la biblio pour cause d'organisation de planning. Et ça finit (parce que ça m'a complètement finie) par le constat que mon van a été forcé et que mon sac de voyage, plein à craquer de toutes mes affaires d'ores et déjà empaquetées pour le grand départ, a disparu. Il est 19h, je passe au poste, y'a personne. Heureusement, deux flics super sympa me viennent en aide et me dégotent un formulaire de déclaration de vol. A ramener le lendemain. Dans mon malheur, j'ai toujours mes papiers, mon ordi, mon appareil. Dans mon malheur, j'ai perdu tout le reste. J'ai pas de culotte pour demain, mais ces abrutis m'ont laissé le melodica. En vieille sage que je suis devenue, je prends la chose avec stoïcisme et détachement. Même pas je suis énervée. Limite ça me fait marrer de m'imaginer arrivant à Hong Kong en plein hiver et avec ce qu'il me reste : mon sac à dos, mes tongs, mon blouson bleu, ma brosse à dents et le melodica ! Bon, ça me fait de moins en moins marrer quand je fais la liste non-exhaustive du contenu du sac... Cette fois, c'est sûr, j'ai vraiment perdu les photos stockées sur le disque dur que je voulais bricoler à mon retour. Tout comme mes objectifs, tout comme mes cadeaux, tout comme mes tonnes de crèmes, tout comme les lettres reçues ici, tout comme beaucoup trop de choses. C'est l'jeu, ma pauv'Lucette. T'as même pas joué que t'as bien perdu !
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